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La catastrophe de Bhopal : vingt ans après.


Minamata au Japon, Seveso en Italie, Tchernobyl en Russie, Bhopal en Inde…des désastres d’origine humaine aux allures d’apocalypse.

La catastrophe de Bhopal est un exemple unique dans l’histoire de par son ampleur et où les responsables n’ont à ce jour fait l’objet d’aucune poursuite et où les victimes n’ont pas été équitablement indemnisées alors qu’elle continue toujours à faire de nouvelles victimes.

Bhopal est une ville située dans l’Etat de Madhya Pradesh du centre de l’Inde. L’Union Carbide géant américain de la chimie à l’instar de nombreuses entreprises occidentales avait délocalisé ses industries polluantes dans les pays pauvres bénéficiant en plus d’une main d’œuvre à bon marché. Bhopal représentait son deuxième investissement en Inde. Elle était propriétaire du complexe, situé à 5 km de la ville de Bhopal et qui produisait 5000 tonnes de deux pesticides, le Temik et le Sevin, composés essentiellement d'isocyanate de méthyle (Mic), un produit très toxique, très volatil et explosif au contact de l'eau.
Pour la population locale qui vivait dans un état d’extrême pauvreté, c’etait l’aubaine. Un immense bidonville s’est constitué à proximité de l’usine.

Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984 :
Cette nuit-là, du fait du week-end, l’usine tourne au ralenti. Des ouvriers lavent des conduites qui communiquent, avec le silo 610 qui contient 42 740 litres de Mic à 21h15. Plus de 1000 litres d'eau vont se mélanger pendant plus de 3 heures avec un produit hautement explosif. Les ouvriers arrivés en relève notent à peine une heure après le début de l’incident une pression cinq fois plus élevée au niveau du silo 610. Ni cette augmentation très importante de la pression, ni la sensation par les ouvriers de premiers symptômes d’intoxication tels des picotements des yeux, ne vont inquiéter le personnel habitué à un laxisme en matière d’hygiène et de sécurité. Vers 23h30, la fuite est localisée et le contrôleur est prévenu. Il pense s’en occuper après sa pause de thé vers minuit et quart. A ce moment, la pression intérieure du réservoir 610 est entrée dans le rouge, il appelle ses supérieurs. Le gigantesque réservoir commence ‘convulser’, une forte chaleur se dégage, son couvercle en béton se fend et sa la valve de sécurité explose, laissant échapper un immense nuage mortel. C’est seulement à ce moment là que l'alarme est donnée. La valve de sécurité n’est maîtrisée que vers 2h30 du matin.
Mais, dans les alentours de l’usine c’est déjà l'horreur. Le nuage toxique va ‘gazer’ une population plongée dans son sommeil sur une étendue de 25 km2. Une panique indescriptible se produit, les services de secours sont totalement débordés et vont mettre beaucoup de temps à réagir.
Bien que le bilan humain final de cette nuit cite le chiffre de 3 828 morts, des sources crédibles l’estiment à plus de 8000 décès en deux jours.


Des effets délétères durables :

Vingt ans après la catastrophe, l’usine chimique continue à faire des victimes directes et indirectes. On estime que prés de 800 000 personnes ont été affectées directement ou indirectement par le désastre.
Vingt ans après le drame de Bhopal, les survivants attendent toujours une indemnisation juste, une prise en charge médicale adéquate et des mesures complètes de réinsertion économique et sociale. Le site de l’usine n’ayant jamais été nettoyé, les déchets toxiques continuent de polluer l’environnement et contaminent l’eau de la nappe utilisée par la population locale. Le 14 novembre dernier, le représentant de BBC News, Paul Vickers déclarait « nous avons pris un échantillon d’eau potable dans un puits du site. Le niveau de contamination était 500 fois supérieur aux plafonds recommandés par l’OMS ». Cela signifie que les effets à long terme continuent à faire des victimes.

Qui est responsable ?
Le problème de désastre de type de Bhopal lié à une catastrophe écologique de grandeur ampleur pointe du doigt la responsabilité des gouvernements et des entreprises.
Les droits de l’homme ont été bafoués, puisque la population de Bhopal a été exposée sans protection à un risque chimique élevé.
Après la catastrophe, l’Etat indien s’est approprié le site industriel de Bhopal. Le directeur de l’usine l’américain Warren Anderson a fui aux USA. L’Union Carbide s’est fondue dans Dow Chimicals, la deuxième entreprise mondiale de chimie. Aujourd’hui, personne ne reconnaît sa responsabilité, les survivants souffrent sans qu’une aide juste leur soit apportée et les déchets encore entreposés sur le site continuent à faire des victimes.

Dans son rapport intitulé Les nuages de l’injustice. La catastrophe de Bhopal, vingt ans après, Amnesty International :

• demande à l’opinion publique, de par le monde, de faire pression sur Dow Chemical et sur le gouvernement indien pour que le site de l’usine de Bhopal soit nettoyé et que les victimes reçoivent réparation ;
• exhorte les autorités indiennes à évaluer sans délai la nature et l’ampleur des dégâts causés sur la santé et l’environnement par la fuite de gaz et la contamination qui a suivi ;
• recommande la création d’un cadre international applicable aux entreprises, qui soit basé sur les Normes des Nations unies sur la responsabilité en matière de droits de l’homme des sociétés transnationales et autres entreprises. Il est indispensable, pour que les entreprises répondent de leurs actes et pour que les victimes reçoivent réparation, que ces normes soient mises en œuvre et que des mécanismes chargés de veiller à leur application soient mis en place.
Commentaires (1)Add Comment
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Par fetoubitarumatotifolativo, mai 02, 2011
merci pour ton texte sa maide beaucoupsmilies/smiley.gif

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