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L’enfance abandonnée


Les mutations rapides survenues au lendemain de l’indépendance ont touché tous les aspects de la vie : politique, économique, social, éducatif et culturel et bouleversé totalement le mode de vie de la population créant un hiatus entre les générations. Les conséquences sont aujourd’hui visibles sur le plan social avec un nombre non négligeable d’enfants abandonnés par leurs parents ou par leurs mères et même des personnes du troisième âgé rejetées par leurs enfants. Cet abandon des responsabilités familiales ou parentales est le plus souvent provoqué par l’opprobre familial et social vis-à-vis des femmes ayant eu des enfants en dehors des liens du mariage.
Contexte socio-familial :

Malgré toutes les mutations brutales survenues depuis l’indépendance, la majorité des Algériens est restée très fidèle au concept de la famille. Certes l’urbanisation effrénée de ces dernières décades, les difficultés socio-économiques et les nouveaux modes d’habitation empruntés à l’Occident (construction de petits appartements) ont fini par atomiser les grandes familles, phénomène que décrit merveilleusement bien Mohammed Dib dans ‘la grande maison’. Fragilisées par le relâchement de liens séculaires des Archs et exposées frontalement à une agression culturelle tous azimuts à travers des lectures et des programmes de TV très diversifiés, l’évolution sous la contrainte vers de petites cellules familiales a ébranlé les assises familiales créant des tensions inter générations mais également entre frères et sœurs d’une même famille.

Contexte économique :

Le programme d’ajustement structurel a eu comme partout ailleurs son cortège de conséquences néfastes sur la population de notre pays : baisse du taux de croissance (le taux de croissance de 6,8 % publié en 2004, n’a pas de signification sur la création d’emplois car l’économie est dépendante des recettes en hydrocarbures), augmentation du taux de chômage, baisse des revenus, dévaluation du dinar, suppression des subventions de soutien aux produits de première nécessité…tous ces facteurs ont contribué au développement de la pauvreté.

La pauvreté touche aujourd’hui plus de 19 % (6 millions) de la population. L’érosion du pouvoir d’achat est estimée à 15 % (en 2000-01, en dinars constants). Le chômage intéresse 29 % de la population active (55 % des 20-24 ans). Le revenu national brut (RNB)/h en 2000 était de 1 590 $ en Algérie (Tunisie: 2 090$, Maroc: 1 180$). Le taux annuel moyen de croissance du PIB/h a évolué lentement entre 1960 à 1990: 2,4 % (Tunisie : 3,3; Maroc : 2,3), il a été négatif entre 1990 et 2000: 0,1 (Tunisie: 3,0 ; Maroc : 0,4). Le taux annuel d’inflation a été très élevé pendant plus d’une décennie (1990-2000): 18 % (Tunisie: 4 ; Maroc: 3), bien qu’on annonce un redressement en 2003 avec 3,5 %. Le service de la dette en pourcentage des exportations en 1999 a été de 35 % pour l’Algérie (Tunisie: 15 ; Maroc: 24).

Cette crise économique qui perdure depuis 1986 a attisé les tensions sociales et mis à mal les structures familiales. La cellule familiale a de plus en plus du mal à assumer économiquement ses responsabilités vis-à-vis de ses membres inactifs ce qui met à mal les liens traditionnels de solidarité et amplifie la crise des valeurs.


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